Le cloître d'Elne, huit fois centenaire, est un des rares parmi les cloîtres du Roussillon, à être demeuré intact sans avoir été restauré.
Il est l'un des plus complets et des plus remarquables de notre région. C'est un des monuments des plus prestigieux et des plus chargés d'histoire.
Le cloître, dépendance de la cathédrale à laquelle il est adossé, est un quadrilatère irrégulier. Il permet de relier entre elles les salles capitulaires, la sacristie, le réfectoire et le vestiaire.
Protégés du monde extérieur, les chanoines y pratiquaient la méditation. Les galeries leur tenaient lieu de promenade de même que la lumière du jour qui baigne le jardin leur permettait de réaliser de divers travaux d'écriture (les salles n'étant pas pourvues d'électricité comme maintenant).
Les cloîtres ont toujours la forme d'un quadrilatère qui symbolise le paradis, les quatre galeries représentant les fleuves du paradis.
La galerie sud
Cette galerie est la plus ancienne (2ème moitié du XII ème). Elle est d'un pur style roman. Les sculpteurs se sont inspirés de différents thèmes pour la décoration des chapiteaux :
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thème végétal : rangée de palmettes, feuilles d'acanthe, fleurs carrées de lotus.
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thème animal : lions, bouquetins, oiseaux, poissons, paons.
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thème fantastique : griffons (corps de lion et buste d' aigle), sirènes (vêtues de jupettes, au visage de femme)
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le pilier central représente la scène du "Quo Vadis" tirée de la vie de Saint Pierre
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sur l'un des chapiteaux nous voyons un thème de la génèse : la création d'Adam et Eve et le péché originel
Dans cette galerie, nous reconnaissons la sculpture romane : les personnages sont disproportionnés, leur vêtements schématiques aux plis tombants lourdement. Les yeux coulés de plomb, donnent au regard des personnages du volume et du style.

La galerie ouest
Exécutée au XIII ème siècle, elle est la copie plus ou moins réussie de la galerie sud. Dans les derniers chapiteaux on commence à voir le travail du détail et de la finesse de l'art gothique primitif. Sur le mur intérieur nous trouvons une série d'épitaphes et de pierres tombales dont une, en marbre blanc, porte la signature de Ramon Bianya. Nous pouvons remarquer les voûtes sur croisées d'ogives à nervures saillantes et retombées sur culs-de-lampe.
La galerie nord

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Cette galerie gothique date aussi du XIII ème siècle. Nous voyons apparaître des décorations inspirées de l'île de France. L'explosion de thèmes végétaux très naturalistes (feuille de lierre, de marronnier, de figuier, de chêne et de platane) en font un véritable herbier sur marbre.
Nous retrouvons les paons que nous avons vu précédemment. Le deuxième pilier représente le martyre de Ste Eulalie, patronne de la ville d'Elne.
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La galerie est
Construite au XIV ème siècle, c'est la galerie gothique par excellence, mais son architecture est restée proprement romane. Une place grandissante est donnée aux compositions historiées, illustrations et textes évangéliques, en particulier la petite enfance de Jésus : Annonciation, Visitation, Naissance de Jésus, Annonce faite aux bergers, les rois mages chez Hérode.
Sur le mur intérieur, aux retombées des arêtes de voûtes, par souci de finition nous voyons des tableautins représentant le chemin de croix. Celui-ci se termine dans la galerie sud.
Dans l'art gothique nous notons le souci du détail, de la mise en perspective.
Conclusion
Commencé dans la période d'épanouissement de l'art roman, continué tout le long de la période gothique, le cloître d'Elne rassemble à lui seul toute l'évolution de la sculpture médiévale du Roussillon. Aux quatre angles du cloître on trouvera les effigies des quatre évangélistes. Celles-ci tout comme certaines sculptures (becs de griffons) ont étés mutilées par les soldats de Napoléon. En effet celui-ci ayant arrêté ses troupes à Elne avait transformé le cloître en écurie.
Cet ensemble présente, malgré différentes étapes, une réelle unité due au fait que les arcatures romanes et le marbre blanc veiné de bleu aient été conservés durant la période gothique.
Cette page a été réalisée par Nathalie A., Sandra C.
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